Parfois, il faut sortir l’artillerie lourde pour faire cesser un comportement « indésirable ». Connaissez-vous la technique du retrait?
En règle générale, je l’utilise lorsque l’aménagement de l’environnement est impossible ou que la redirection ne fonctionne pas… notamment parce que le chien semble trouver un certain plaisir à répéter le comportement.
Bien appliquée, cette technique n’abîme pas la relation humain–chien. Au contraire, elle aide le chien à comprendre ce qui le conduit à l’isolement, puis à choisir lui-même une alternative plus appropriée.Pour que ça fonctionne, il faut toutefois respecter un protocole clair.
Exemple concret
Quand Léa (ma chienne) avait 11 mois, elle avait la mauvaise habitude d’aboyer de façon répétée sur Poutchi, mon autre chien, dès qu’il prenait un jouet en bouche.
Quand j’ai décidé d’intervenir, je l’ai fait systématiquement, à chaque occurrence, jusqu’à ce que le comportement disparaisse.
Première séance
J’ai attaché une courte laisse au collier de Léa pour pouvoir la guider facilement, sans avoir à la saisir par le collier. L’endroit choisi (la salle de lavage) devait être le plus près possible de la situation.
Dès le premier aboiement, j’ai pris la laisse calmement, sans émotion, et j’ai accompagné Léa dans la pièce, porte fermée, pour 5 secondes. Inutile de prolonger : le but est qu’en ressortant, le chien ait l’occasion de répéter le comportement… et de constater que cela mène au retrait.
Cinq retraits ont été nécessaires pour que Léa comprenne que, pour mettre fin au scénario, elle devait se taire. Je me souviens qu’elle s’est d’elle-même couchée en regardant Poutchi, sans un bruit. Ce que j’ai renforcé simplement verbalement par un »bonne fille ».
Deuxième séance
Même procédure, mais j’ai ajouté le mot « TIME OUT » juste avant de l’accompagner au retrait. Après quatre répétitions, j’ai pu renforcer son choix de ne pas aboyer.
Troisième séance
Identique à la précédente, avec seulement deux reprises nécessaires.
Séances suivantes
Il m’a ensuite suffi de dire « TIME OUT » pour qu’elle cesse d’aboyer et quelle se redirige elle même vers un autre point d’intérêt, dans son cas, un toutou qui lui servait à ne plus focuser sur mon autre chien.
À noter : le nombre de répétitions varie d’un chien à l’autre. Si, après une semaine, il n’y a aucune amélioration, mieux vaut arrêter et revoir l’approche.
Impératifs
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Un seul comportement à la fois, du début à la fin, pour éviter la confusion.
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Ne pas utiliser cette technique si le comportement est lié à la peur, à l’anxiété ou à la douleur. Dans ces cas, faites-vous accompagner par un intervenant canin qualifié.
En résumé
Le retrait est utile pour des comportements que le chien répète « pour le fun », parce qu’ils sont auto-renforçants. Le retrait enlève ce qui rend le comportement payant, ce qui permet au chien de réfléchir et de comprendre clairement ce qui le mène à l’écart et de prendre lui-même la décision de ne plus répéter ce comportement ET de le remplacer par un meilleur choix.
La clé, c’est la neutralité : oubliez l’idée de « montrer que vous n’êtes pas content ». Cette technique ne doit jamais créer de peur ou d’inconfort, et ne doit pas être appliquée à un chien qui réagit par crainte, anxiété ou douleur.
En bref, c’est une méthode simple et structurée pour amener le chien réfléchir à prendre une autre décision.