La technique du retrait pour faire cesser un mauvais comportement

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Parfois il faut prendre les GRANDS moyens pour faire cesser un “mauvais” comportement. Connaissez-vous la technique du retrait?
Règle générale, je l’utilise quand gérer l’environnement n’est pas possible ou que rediriger le comportement ne fonctionne pas parce que le chien trouve un malin plaisir à se comporter comme il le fait…
Quand elle est bien utilisée, cette technique ne détériore nullement la relation entre le chien et l’humain et permet au chien de prendre conscience de la raison qui l’amène à l’écart et d’être récompensé pour finalement choisir de faire autre chose.
Il s’agit d’une punition (visant à faire disparaître un comportement) négative (en retirant quelque chose), immédiatement suivie d’un renforcement (visant à faire augmenter un comportement) positif (en ajoutant quelque chose).
Pour être efficace, vous devez toutefois vous en tenir à la technique suivante.
Voici un exemple où la technique a très bien fonctionné: alors qu’elle avait 11 mois, Léa (ma chienne) avait la fâcheuse manie d’aboyer de façon intempestive vers Poutchi, mon autre chien, dès qu’il prenait un jouet en bouche.
Quand j’ai décidé d’agir sur ce comportement indésirable, je l’ai fait de façon systématique (chaque fois qu’elle exprimait ce comportement) jusqu’à ce que ce ne soit plus nécessaire.

Première séance

J’ai placé une courte laisse au collier de Léa pour arriver à la diriger facilement (sans avoir à la prendre par le collier) à l’endroit choisi, soit la salle de lavage. Il est à noter que l’endroit doit être le plus près possible de l’intervention. Au premier aboiement, j’ai pris la laisse de façon neutre (sans exprimer d’émotion) et amené Léa dans la pièce en fermant la porte pour une durée de 10 secondes. Il ne sert à rien d’enfermer le chien plus longtemps. Le but est qu’à sa sortie, il reproduise le comportement indésirable qui va l’amener de nouveau dans la pièce. Cinq “RETRAITS” ont été nécessaires pour que Léa comprenne que pour faire cesser la mascarade, elle devait se taire. Je me rappelle qu’elle s’était même couchée en regardant Poutchi sans mot dire. Il n’en fallait pas plus pour qu’elle soit récompensée (récompense alimentaire dans le cas présent).

Deuxième séance

J’ai fait la même chose sauf que j’ai ajouté le mot ‘‘MAINTENANT” juste avant de l’accompagner à l’endroit choisi. Après quatre répétitions, j’ai pu récompenser (renforcer) son choix de ne pas aboyer.

troisième séance

Même chose qu’à la précédente, mais seulement deux reprises nécessaires.
Séance subséquente
Je n’ai eu qu’à dire le mot ‘‘MAINTENANT” pour qu’elle cesse d’aboyer et que je puisse récompenser avec le jeu ce qui était son choix. Notez que le nombre de répétitions nécessaires peuvent varier, mais que si au bout d’une semaine vous n’obtenez pas de résultat, mieux vaut cesser
Impératif
N’utilisez pas cette technique pour agir sur plus d’un comportement à la fois, du début à la dernière séance. Vous risqueriez fort de créer de la confusion chez votre chien.
N’utilisez pas cette technique si le comportement est motivé par la peur ou l’anxiété. Faites appel à un intervenant canin qualifié au besoin.
En résumé
Utiliser la technique du retrait sur des comportements qui vous sont indésirables, mais que votre chien exprime pour son bon plaisir. Cette technique permet au chien de réfléchir pour qu’il comprenne précisément ce qui le mène en retrait (faisant en sorte, ainsi, que le comportement indésirable pour nous ne soit plus amusant pour lui). Elle lui permet aussi d’exprimer un autre comportement (contre-conditionnement) que nous devons récompenser pour augmenter les probabilités qu’il se répète.
Vous devez appliquer le retrait de façon neutre et oublier l’idée que le chien doit comprendre que vous n’êtes pas content de son comportement. Il est important de préciser que cette technique ne doit pas produire de peur ou d’anxiété ni être utilisée sur un chien qui exprime un comportement indésirable en réaction à une peur, de l’anxiété ou de la douleur.
Il n’en demeure pas moins que c’est une technique toute simple pour amener le chien à réfléchir et à prendre une décision alternative à celle qui nous est indésirable. Il s’agit donc de contre conditionnement opérant.

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La boite à outilsDéfinition du point focus et fonction comportementale Le point focus désigne un stimulus alimentaire de forte valeur (objet enrichi d’une denrée ou denrée seule) destiné à mobiliser les ressources attentionnelles du chien à un moment ciblé. Son utilisation vise à prévenir ou moduler l’expression d’un comportement indésirable en détournant l’orientation attentionnelle et motivationnelle du chien vers une activité alternative. Ce mécanisme s’appuie sur deux principes fondamentaux : Compétition attentionnelle — un stimulus hautement motivant entre en concurrence avec un déclencheur potentiel (p. ex. arrivée d’un visiteur, mouvement d’un animal). Prévention des apprentissages indésirables — en diminuant la probabilité d’exposition à un stimulus déclencheur dans un état émotionnel inadapté, on limite la consolidation ou l’amplification d’un comportement problématique. Mode d’action et utilisation optimale Pour être efficace, le point focus doit : présenter une valeur motivationnelle élevée (renforcement de haute intensité), occuper le chien suffisamment longtemps pour permettre une gestion du contexte sans surcharge du système émotionnel, être introduit avant l’apparition de la réponse comportementale, influençant ainsi les processus d’anticipation et de régulation émotionnelle. L’objectif est de rediriger la réponse comportementale vers une activité incompatible avec le comportement non souhaité (principe d’incompatibilité comportementale) tout en agissant sur les circuits de récompense et de recherche de nourriture, qui favorisent un état émotionnel positif. Dans certains contextes, une simple activité alimentaire enrichissante peut suffire. Dans d’autres, un stimulus plus appétent est requis pour dépasser le seuil de motivation généré par le déclencheur. Importance de l’utilisation préventive L’utilisation en prévention est déterminante : introduire un point focus avant que le chien n’entre dans un état d’excitation, de frustration ou d’hypervigilance permet de : réduire l’activation des systèmes émotionnels associés à la peur, la prédation ou la surexcitation, éviter le renforcement involontaire d’un comportement problématique, favoriser l’émergence de réponses émotionnelles plus stables et adaptées. Par exemple, dans un contexte où un chiot pourrait développer une réponse de prédation envers un outil en mouvement (ex. râteau), l’introduction préalable d’une activité alimentaire engageante permet de neutraliser ce risque avant qu’il ne devienne un comportement acquis. De même, l’utilisation d’un point focus avant un départ du domicile aide à prévenir les comportements liés à la détresse de séparation ou aux activités substitutives destructrices. Effets émotionnels et cognitifs Le point focus induit : une activation du système dopaminergique liée à la recherche et à l’obtention de nourriture, une augmentation de la concentration et de la persistance comportementale, une réduction du niveau d’hyperarousal en contexte potentiellement stressant, la possibilité de créer une association positive entre la situation déclencheuse et l’activité réalisée. L’ensemble contribue à une meilleure régulation émotionnelle et à une diminution du stress cumulatif. Règles d’application Privilégier une utilisation anticipée (quelques secondes à deux minutes avant l’exposition au déclencheur). Sélectionner un stimulus ayant une forte valeur relative, adaptée à l’individualité du chien. Assurer une durée d’engagement suffisante pour couvrir la période potentiellement problématique. Appliquer de manière cohérente pour favoriser la stabilité des réponses comportementales. Exemples de points focus Balle distributrice remplie de croquettes ou de morceaux de foie séché. Tapis de léchage recouvert de nourriture (purées, conserves, fromage en crème) puis congelé. Kong farci de croquettes réhydratées et purées variées puis congelé. Dispersion alimentaire au sol (croquettes, cubes de foie) en extérieur. Boîte de fouille ou boîte à surprises nécessitant une manipulation. Jouet ayant une très forte valeur motivationnelle. Os cru adapté (côte de bœuf, os à moelle). Tapis de fouille garni d’aliments de petite taille. Simple et efficace! [...]